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Récits de voyages

Livret 2

Le cousin berger...

C’est au cours de l’année 2004, que j’ai découvert pour la première fois la joie et la complexité des recherches en Algérie.  A l’époque, je ne connaissais que vaguement ce pays et ne savais que très peu ce qui m’attendait.

Un proche m’avait alors recommandé un contact local, un avocat qui deviendra mon aide sur place pour de nombreuses années.

Je découvrais donc cette recherche généalogique si particulière, faite d’enquêtes et contre-enquêtes, de discussions interminables afin d’obtenir la confiance des héritiers et des témoignages fiables.

Ce premier dossier fut un grand classique : des personnes se déclarent être seuls héritiers mais ne peuvent le justifier. La difficulté de ces recherches algériennes prend alors tout son sens, l’état civil n’étant que très peu accessible et les actes uniquement déclaratifs (en référence aux règles de la loi musulmane).

Je décide donc de laisser notre avocat prendre contact avec les autorités locales. Il parvient à obtenir les coordonnées de vagues parents du défunt. Ayant plusieurs dossiers à traiter sur place, je prépare un séjour d’une dizaine de jours qui représentera un véritable périple de plus de 3000 kilomètres.

Une fois sur place, le premier contact avec cette famille est positif, nous rencontrons une partie de la famille et notamment un cousin parlant le français. Il m’explique alors leurs liens avec le défunt.

Pourtant, quelque chose « cloche » …

Les rares femmes présentes à cette réunion restent silencieuses et seules les branches masculines sont évoquées.

Soudain une des femmes présentes, qui s’avère également maîtriser le français, déclare que sa grand-mère a été répudiée, qu’elle s’est par la suite remariée et eu deux autres enfants.

A présent, l’enquête devient obscure mais passionnante.

Les hommes se taisent et j’en profite pour obtenir le maximum d’informations sur ces nouvelles branches de famille et l’on m’annonce qu’il est possible de faire venir ces cousins sans plus attendre !

J’obtiens donc mandat pour représenter l’ensemble de cette branche de famille, cependant ces héritiers ne représentent que la ligne paternelle. Lorsque j’évoque la famille du côté de sa mère, personne ne réagit !

On me soutient fermement que je ne peux accéder aux registres d’état civil de la commune d’origine, je constate alors qu’il existe encore des régions algériennes où la suspicion à l’égard des français perdure), déçu mais pas résigné, certains héritiers me promettent de m’apporter toute leur aide pour retrouver les héritiers de branche maternelle…

Je poursuis alors ma route pour finaliser mes autres dossiers.

Près d’un an s’écoule, je suis relancé par mon contact sur place qui est également sollicité par les héritiers. Ces derniers souhaitent maintenant toucher leur part d’héritage au plus vite.

 

Cependant, sans information sur cette branche maternelle, je ne peux déposer mon tableau généalogique attestant de la dévolution chez le notaire.

Quelques jours plus tard, mon contact m’informe qu’un cousin germain du côté maternel a été retrouvé !

Au plus vite, je retourne en Algérie pour retrouver cette famille.

 

C’est ainsi que mes recherches me conduisent à rencontrer un berger, ne s’exprimant qu’avec quelques mots et à voix basse.

Un semblant de dialogue s’installe avec mon avocat en guise de traducteur pour tenter de comprendre les liens de cet homme avec le défunt.

Mon avocat m’assure qu’il est convaincu de la véracité des faits et on me présente des documents établissant la parenté entre cet homme et son cousin décédé (les actes de naissance comportant la filiation paternelle sur une génération voire deux dans certains cas).

Malgré son léger illettrisme, avec l’aide de mon avocat et des autres héritiers, il consent à accepter cet héritage et me donne procuration pour le représenter.

De retour en France, j’hésite encore de longs mois, l’existence d’un seul cousin en ligne maternelle me laisse perplexe.

D’autant que celui-ci ne répond que par quelques mots et qui plus est ne connait rien de sa famille.

Aucun autre héritier ne se manifestant de ce côté de la famille, je dépose finalement mon dossier chez le notaire.

Nous avons réglé cette succession avec les héritiers que nous avons retrouvés…Mais le doute subsiste…